Intégrité

L'électrochoc de 2023 : comment une enquête a forcé le marché à se réformer

En janvier 2023, une enquête de neuf mois menée par le Guardian, Die Zeit et SourceMaterial affirmait que plus de 90 % des crédits forestiers REDD+ certifiés par Verra, le plus grand certificateur du marché, seraient « sans valeur » — des « crédits fantômes » sans bénéfice climatique réel. L'onde de choc a redéfini le marché.

Une controverse méthodologique

L'enquête s'appuyait sur des études scientifiques comparant la déforestation régionale aux taux des projets. Verra a vivement contesté la méthodologie employée, jugeant que les « contrôles synthétiques » utilisés ne reflétaient pas les facteurs spécifiques de déforestation de chaque site. Le débat scientifique reste nuancé — certaines études aboutissant à des conclusions opposées sur les mêmes projets.

Mais au-delà de la querelle méthodologique, la confiance était ébranlée. Le PDG de Verra a quitté ses fonctions peu après. L'affaire Kariba, au Zimbabwe, révélée par Bloomberg, a aggravé la crise en exposant un cas de sur-crédit massif.

Ce que la crise a déclenché

Loin de tuer le marché, l'électrochoc de 2023 l'a forcé à se réformer en profondeur :

  • Le lancement des Core Carbon Principles (ICVCM) en janvier 2024, fixant un seuil de qualité commun.
  • La refonte des méthodologies REDD+ vers des approches plus robustes et standardisées.
  • La montée en puissance des agences de notation de crédits (Sylvera, BeZero…).
  • Un déplacement de la demande vers les crédits de haute intégrité, mieux audités et tracés.
La crise de 2023 a été douloureuse, mais salutaire : elle a fait de l'intégrité méthodologique non plus un argument marketing, mais une condition d'accès au marché.

Sources

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