CBAM : l'Europe a publié son premier prix carbone aux frontières
Le 1er janvier 2026, le CBAM — Carbon Border Adjustment Mechanism — est entré dans sa phase définitive. Les importateurs européens de six secteurs clés (acier, aluminium, ciment, engrais, hydrogène, électricité) doivent désormais acheter des certificats carbone couvrant les émissions incorporées dans leurs importations.
Un prix officiel pour la première fois
Le 7 avril 2026, la Commission européenne a publié le premier prix officiel du CBAM : 75,36 € par tonne de CO₂, indexé sur le prix moyen des quotas du marché européen (EU ETS). Pour la première fois, une « taxe carbone aux frontières » a une valeur officielle, opposable et payable.
Une extension du dispositif à environ 180 produits aval est déjà programmée pour janvier 2028, élargissant considérablement le périmètre des entreprises concernées.
Pourquoi cela compte pour le carbone forestier
Le CBAM ne concerne pas directement les crédits volontaires — il s'applique aux quotas réglementés. Mais son effet d'entraînement est puissant :
- Le signal-prix se mondialise. Quand l'Europe valorise la tonne de CO₂ à 75 € à ses frontières, l'écart avec les crédits volontaires de qualité devient un argument économique pour les acheteurs anticipant la convergence des prix.
- La pression réglementaire s'étend. CBAM, CSRD, taxonomie européenne : les entreprises sont poussées vers des stratégies climat documentées.
- Les pays hôtes s'organisent. Plusieurs États tiers réfléchissent à instaurer leur propre tarification carbone pour conserver les recettes plutôt que de les payer à Bruxelles.
Le CBAM confirme la trajectoire de fond : le prix du carbone monte, son périmètre s'étend, et la prime à la qualité s'installe durablement.
Ce qu'il faut suivre
Trois échéances structurent la suite : la montée en charge des obligations CBAM sur 2026-2027, l'extension aux produits aval en 2028, et — sur le marché volontaire — l'entrée en vigueur de la phase obligatoire de CORSIA en 2027.