Politique

COP30 à Belém : la forêt au cœur de la finance climat

La COP30 s'est tenue à Belém, au cœur de l'Amazonie, du 10 au 21 novembre 2025 — pour le dixième anniversaire de l'Accord de Paris. Si le sommet a déçu sur la sortie des énergies fossiles, il a marqué un tournant pour la finance forestière et confirmé la centralité des marchés carbone.

Le Tropical Forest Forever Facility

Le lancement phare de Belém est le Tropical Forest Forever Facility (TFFF), un mécanisme inédit destiné à rémunérer les pays qui conservent leurs forêts tropicales sur la base de résultats vérifiés. Lors des négociations, le fonds a mobilisé plus de 6,6 milliards de dollars, avec le soutien d'une cinquantaine de pays.

Décrit comme « le plus grand mécanisme de financement forestier jamais créé », le TFFF vise à terme 125 milliards de dollars levés auprès d'États, de fondations et d'investisseurs privés, pour soutenir jusqu'à 74 pays à forêts tropicales — de l'Amazonie au bassin du Congo. Le fonds a toutefois été critiqué par 150 organisations de la société civile et de peuples autochtones, qui estiment qu'il ne s'attaque pas aux causes structurelles de la déforestation.

L'Article 6 passe à l'opérationnel

Un an après l'accord historique de la COP29, la conversation s'est déplacée de la négociation des règles vers leur mise en œuvre. Le nombre croissant d'accords bilatéraux et de NDC priorisant l'Article 6 confirme que ces marchés sont désormais au cœur de la décarbonation mondiale.

Le commerce entre dans la danse

Pour la première fois, le commerce — y compris les mesures carbone aux frontières comme le CBAM européen — a été discuté dans le cadre des négociations formelles, signe de l'importance croissante du lien entre commerce et climat.

Belém n'a pas réglé la question des fossiles, mais a sanctuarisé une idée : il sera impossible de mobiliser la finance climat attendue sans les marchés carbone.

Sources

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